un cheval broute dans une prairie sous le givre

Julie Girardot, cavalière à l’esprit d’aventure

Publié le 17/02/2026
| mis à jour le 17/02/2026

Julie Girardot, cavalière à l’esprit d’aventure

De sa casquette d’éleveuse laitière à sa bombe de cavalière en passant par son écharpe d’élue locale, à 41 ans, Julie Girardot est une femme active aux multiples engagements.  Installée entre Saint-Urbain et Poissons, en Haute-Marne, la créatrice des Écuries des Varennes a reçu le trophée agri-tourisme 2026, remis par le Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne lors des Trophées de l’agriculture de Haute-Marne. Portrait d’une agricultrice hyperactive, amoureuse de son territoire et fière de pouvoir le faire découvrir aux touristes de passage. 

un cheval broute dans une prairie sous le givre

Une passion entre ferme et sentiers

Julie Girardot ne se souvient pas d’un moment précis où tout aurait basculé. « J’ai découvert ma passion vers 6 ans, un peu par hasard. » Mais depuis, le cheval ne l’a jamais quittée et une chose est sûre, elle préfère les chemins aux carrières, les cartes IGN aux manèges fermés. « J’adore aller découvrir de nouveaux coins à cheval, carte en main. J’aime trouver des endroits que je ne connais pas et en apprécier les surprises. »

Née en Haute-Marne, elle y a grandi, s’y est installée et y a fondé sa famille. « J’ai épousé l’agriculture en même temps que mon mari et associé il y a presque 20 ans. » Aujourd’hui, le couple exploite un GAEC orienté à 80 % vers l’élevage laitier : 1 250 000 litres produits sur 310 hectares. Une ferme moderne, équipée de robots de traite depuis 2022, qui lui a offert un souffle nouveau. « En élevant mes enfants, j’ai pris conscience de la richesse de notre patrimoine local naturel et historique. » Cette prise de conscience agit comme un déclic. La Haute-Marne, ses vallées verdoyantes, ses plaines ouvertes, ses rivières discrètes, ne sont pas seulement un cadre de vie : elles deviennent un trésor à partager.

julie girardot devant les vaches de son exploitation

De l’élevage laitier à l’agri-tourisme équestre : un virage maîtrisé

La mise en route des robots de traite marque un tournant pour celle qui rêve toujours de nouvelles aventures. « En 2022, j’ai profité de la flexibilité offerte par notre organisation pour professionnaliser ma passion pour la randonnée et la topographie. » Elle obtient en avril 2024 son diplôme d’ATE, accompagnatrice de tourisme équestre, certification délivrée sous l’égide de la Fédération Française d’Équitation et, dans la foulée, crée les Écuries des Varennes. Malgré « les péripéties administratives inhérentes à notre pays », l’activité démarre rapidement. La saison 2025 est celle de l’envol : une centaine de cavaliers, de tous âges et de tous niveaux, viennent découvrir les itinéraires soigneusement sélectionnés par Julie sur le territoire haut-marnais.

Le public est hétéroclite : enfants dès 4 ans, cavaliers inactifs désireux de se remettre en selle, familles en quête d’une parenthèse nature, touristes belges ou parisiens de passage. Beaucoup sont orientés par l’office de tourisme de Joinville ou par le camping de Thonnance-les-Joinville. « Mes clients apprécient le confort d’une sortie en comité restreint, en famille ou en couple, et le plaisir de pouvoir réaliser au pied levé une sortie à cheval, sans passer par la case apprentissage en manège. » Cette  « douce illusion d’autonomie » est aussi rendue possible grâce aux six chevaux et poneys sélectionnés par Julie pour leur tempérament serein. « Je mets un point d’honneur à offrir une qualité de service personnalisée et sincère. Je gère une petite structure, mais j’offre une grande disponibilité. »

cheval dans une prairie de haute marne

Sur les traces de Jeanne d’Arc : un patrimoine vivant

Pour Julia, la force de son territoires, c’est le panorama unique qui entoure les communes de Saint-Urbain et de Poissons, entre vallées, plaines et rivières. Elles sont idéalement situées sur le GR 703, le sentier historique de Jeanne d’Arc, itinéraire de grande randonnée qui suit les pas de la Pucelle de Domrémy vers Chinon. « Ce sentier historique  est l’un de mes préférés sur notre territoire. » À proximité de la fontaine de Poissons, où Jeanne d’Arc aurait abreuvé son cheval, ou de l’abbaye de Saint-Urbain, où elle aurait passé la nuit du 24 février 1429, Julia ne manque jamais de raconter l’épopée. « J’initie les intéressés au périple de l’écuyère dès que l’on passe à proximité de ces lieux. »

Pour elle, l’équitation est indissociable du récit et de la transmission. « La satisfaction sincèrement exprimée des clients est ma plus grande récompense, tout comme l’opportunité de faire découvrir mon patrimoine local et historique. » La Haute-Marne, insiste-t-elle, « n’est pas encore trop pervertie par la surconsommation et l’urbanisation. L’histoire locale regorge de pépites à mettre en avant. »

Le gîte, et bientôt le label national pour aller encore plus loin

En juin 2025, une nouvelle étape est franchie. Au cœur de l’écurie, l’ancienne salle de traite du GAEC est transformée en petit gîte atypique pour trois personnes : « Les Sabots de Jeanne d’Arc ». L’hébergement, référencé sur des plateformes comme Airbnb et Booking, rencontre un succès inattendu. « Il a aussitôt fait le buzz, à ma grande surprise ! »

Alors aujourd’hui, durant la basse saison, Julie prépare la suite et obtient auprès de la Fédération française d’équitation le label « Cheval Étape », dispositif qui permet d’accueillir des cavaliers en itinérance avec leurs propres montures. Ce référencement national élargit considérablement sa clientèle potentielle et inscrit sa petite structure dans les réseaux du tourisme équestre français.

Au-delà de la diversification agricole, l’agri-tourisme représente pour elle « l’occasion de s’ouvrir à l’extérieur et de sortir du métier parfois isolant d’éleveur laitier ». Elle savoure aujourd’hui « le luxe » d’organiser ses journées entre les impératifs de la ferme et cette activité où dit-elle : « je m’épanouis pleinement ».

Une agricultrice engagée pour l’emploi et le territoire

Mais l’engagement de  Julie pour son territoire ne s’arrête pas aux frontières de son exploitation. Depuis 2018, elle a choisi de sièger comme juge et présidente de la section agricole du collège employeur des prud’hommes de Chaumont. En 2024, elle prend la présidence d’Agriemploi 52, groupement d’employeurs dédié au maintien et à la promotion de l’emploi agricole en Haute-Marne. « Je me suis engagée auprès d’Agriemploi car j’ai bien conscience des difficultés à trouver un salarié. Mon expérience, même courte, de salariée avant mon installation, me procure une double vision des difficultés rencontrées par les protagonistes d’une relation employeur/salarié. » Dans un secteur confronté à des tensions de recrutement récurrentes, son engagement vise à structurer et sécuriser l’emploi local.

Prochainement troisième adjointe à la commune de Poissons, elle poursuit la même logique : agir localement, concrètement. « J’ai un esprit d’aventurière », confie-t-elle en souriant, assumant son énergie débordante. « Quand je ne suis pas sur ma ferme laitière ou à cheval, je suis à moto ou à faire de l’escalade ! » Le point commun de toutes ses aventures ? La nature, bien sûr. « Elle est pour moi une source d’apaisement. Des moments de silence, hors du temps, sans norme sociale à respecter : c’est ma bulle. » Loin d’une vision naïve, elle parle d’un espace de respiration nécessaire. Dans un monde agricole soumis à des pressions économiques et réglementaires fortes, cette bulle devient un refuge.

Le trophée agri-tourisme reçu lors des Trophées de l’agriculture de Haute-Marne, remis par le Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne, vient saluer cette dynamique. Il récompense une diversification réussie, mais aussi une vision : celle d’un territoire rural vivant, capable d’innovation sans renier ses racines. Sur les chemins du GR 703, Julie trace sa route, au pas tranquille d’un cheval, carte en main et regard tourné vers l’horizon.

Notre newsletter

Newsletter
Recevez directement toutes nos actualités par mail
Inscription

Inscription à la newsletter

Prénom *
Nom *
Email *
Code postal *
PROTECTION DES DONNEES PERSONNELLES Les données à caractère personnel recueillies dans le cadre de cette inscription sont traitées par la Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel Champagne Bourgogne, en qualité de responsable de traitement, sur la base de votre consentement via ce formulaire. Elles pourront faire l’objet d’un traitement automatisé ou non par la Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel Champagne Bourgogne, uniquement pour l'envoi de notre newsletter d'information. Les données personnelles sont conservées et traitées aussi longtemps que vous serez abonné(e) à notre newsletter. En cas de désabonnement, vos données seront supprimées dans un délai raisonnable. Nous vous informons que vos données personnelles ne seront pas partagées avec des tiers sans votre consentement, sauf avec nos prestataires de services de messagerie. Vos données ne seront pas transférées hors de l'Union Européenne. Vous pouvez, à tout moment, dans les conditions prévues par la loi, accéder à vos données personnelles, vous opposer pour motif légitime à leur traitement, les faire rectifier, demander leur effacement, la limitation de leur traitement, leur portabilité, ou communiquer des instructions sur leur sort en cas de décès. Vous pouvez également, à tout moment et sans justification, vous opposer à l’utilisation de vos données à des fins de prospection commerciale par la Caisse Régionale ou par des tiers, en écrivant par lettre simple à : Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne - DPO - 269 Faubourg Croncels BP 502 - 10080 TROYES CEDEX, ou par mail à l’adresse suivante : dpo@ca-cb.fr . Les frais de timbre seront remboursés sur simple demande de votre part. Vous pouvez, en cas de contestation, former une réclamation auprès de la CNIL dont les coordonnées figurent à l’adresse internet http://www.cnil.fr . Pour en savoir plus, consultez notre politique de protection des données : https://www.credit-agricole.fr/ca-cb/politique-de-protection-des-donnees-personnelles-de-la-caisse-regionale.html