Emilie Colin-Garros : le design pour réenchanter le commerce de proximité

Publié le 04/08/2026
| mis à jour le 04/08/2026

Emilie Colin-Garros : le design pour réenchanter le commerce de proximité

Le Village By CA de Dijon héberge depuis quelques mois une locataire atypique, créatrice d’entreprise et designer. Sa startup Bowindow propose des solutions design pour faire de chaque vitrine un univers qui attire, comme une lanterne magique, avec pour objectif la redynamisation du commerce local. Emilie Colin-Garros nous a raconté la naissance de son entreprise, nourrie de ses passions et de ses expériences. Pour ceux qui restent convaincus que, face au shopping en ligne, le lèche-vitrine n’est pas mort…

Emilie Colin-Garros, « Designer objet et mobilier » de formation et créatrice de la société Bowindow, actuellement locataire du Village By CA Champagne-Bourgogne de Dijon, aime le beau, le shopping et les vitrines. Ses créations sont à l’image de sa sa start-up, à la fois efficaces (on parle de commerce !) et poétiques, pour déclencher l’envie et le plaisir d’acheter, au-delà du besoin. Une start-up dont la vocation est de faire sortir du lot les vitrines des commerçants et, à plus forte raison, les produits qu’elles présentent. D’où ce clin d’œil au bow window so british…

Née à Dijon, Emilie se rappelle qu’enfant, sa mère, sensible aux beaux objets,  l’emmenait chiner, faire du shopping : « un jour, je suis tombée en arrêt devant la boutique Epoké, rue Verrerie. Un choc et une révélation ». L’objet, qu’il soit singulier, ancien, contemporain ou artisanal, est alors devenu une passion et plus tard, un métier.

Diplômée de l’école supérieure d’art et de design de Reims en 2008, la jeune Emilie a soif d’indépendance et ne se voit pas travailler dans une « grosse entreprise ». D’autant que son projet de diplôme, qui consiste à optimiser les process de fabrication pour limiter les pertes, lui a valu de gagner pas mal de concours avec une table très design. Elle se lance donc dans la création de toute une série d’objets dont certains ont été édités avec la complicité d’entreprises locales.

Inspirée par les manufactures anciennes et l’artisanat d’art

À cette époque, Emilie approche également les manufactures anciennes et notamment les manufactures royales comme les Cristalleries Saint-Louis (Hermès) ou la Faïencerie de Gien : « De vieilles entreprises avec un savoir-faire ancien et riche et qui emploient des artisans très inspirants. Mais en dehors de ces grandes maisons, il y a un autre point d’accroche dans ma pratique, c’est tout ce qui est lié aux usages. Par exemple, comment faire d’une simple patère un objet design, ergonomique, utile et bien pensé ». L’idée lui vient, en pensant à sa grand-mère qui évaluait toujours d’un œil connaisseur le « tombé » d’un vêtement, de dessiner des patères respectueuses du vêtement : c’est-à-dire à l’opposé de ce qu’on voit habituellement,  très grandes et capitonnées. Initié en collaboration avec Ikea, le projet sera finalement édité par Ligne Roset.

Pendant six années, Emilie virevolte entre les concours, les appels à projet, les propositions spontanées aux entreprises et tire son épingle du jeu. Les cristalleries de Saint-Louis vendent encore son photophore « Encage » créé en collaboration avec Philippine Lemaire.

Du design d’objets au retail : le parcours atypique d’une créatrice dijonnaise

De jolis succès pour la jeune designeuse qui s’épuise néanmoins dans l’entrepreneuriat… et découvre qu’il est difficile de vivre de sa passion. « J’ai donc commencé à postuler en entreprise, mais pendant les entretiens d’embauche, je me sentais toujours à côté de mes pompes » reconnaît-elle avec humour et un sens certain de l’autodérision.

Jugée un peu trop focus sur « la poésie du beau », Emilie reprend donc ses études pour se former au marketing et arrive en stage chez Puig, une entreprise spécialisée dans la beauté, où elle découvre les métiers du retail. Le virage est serré : Emilie commence à designer des espaces de vente pour des produits de luxe, notamment dans la parfumerie. « Finalement, j’ai fait un beau parcours dans cette maison où j’ai imaginé des corners de grands magasins, des espaces de vente événementiels. C’est aussi l’apprentissage du parcours client, de l’image des marques et de leurs points de vente, de l’art de recevoir et d’offrir… »

Une très belle et très exigeante expérience qui la mène jusqu’en 2021, date à laquelle le Covid a raison de son esprit d’entreprise et de son attachement à la sécurité de l’emploi. Au diable Prada et Dries van Noten, retour à l’indépendance et à une créativité débridée. Emilie a alors l’idée de combiner ses deux expériences entre design et retail.

Bowindow : des vitrines sur-mesure pour redynamiser le commerce de proximité

À Dijon, le propriétaire de la boutique Oscar est le premier à lui faire confiance, convaincu de l’importance d’une vitrine qui donne envie. De son côté Emilie, toujours très inspirée par sa ville, tombe en arrêt devant les créations du chocolatier Jonathan Pautet. « Dans sa spécialité, il maîtrise certaines techniques qui lui permettent d’attirer l’attention par ses créations, son côté sculpteur… la question qui m’est venue, c’est comment font les autres pour décorer et mettre en scène leurs vitrines ? ».

C’est la naissance de Bowindow, la start-up qui rassemble la double compétence d’Emilie dans une offre dédiée aux commerçants. « Au début, j’ai frappé aux portes en privilégiant les commerces en lien avec le terroir en proposant du sur-mesure. Mes propositions se démarquaient créativement parlant, mais elles étaient aussi trop chères. J’ai alors eu l’idée de standardiser mes propositions pour permettre à un commerçant de s’offrir des modules personnalisés, déclinés en fonction des temps forts de l’année, qui peuvent être livrés à plat et montés très facilement en 5 minutes ».

Emilie poursuit bien entendu ses collaborations sur-mesure pour les commerçants qui le souhaitent, mais sa gamme de concepts de vitrine s’est démocratisée à travers une offre simplifiée, adaptée à tous les budgets et à tous les univers.

Village By CA Dijon : l’incubateur qui accompagne les entrepreneurs créatifs

Associée à Charlotte Juillard pour la partie dessin, Emilie est hébergée au Village By CA depuis mai 2024 et « ça fait une grosse différence d’être incubée dans un écosystème qui m’offre un espace de travail, un réseau, des formations (SEO, management, recrutement), bref tout ce qu’un créateur d’entreprise doit apprendre à maîtriser ».

Demain, Emilie se voit bien continuer à jouer sur les deux tableaux : une offre abordable et personnalisée mais aussi des projets créativement ambitieux conçus sur-mesure…

Les vitrines d’Emilie sont à découvrir sur son site, sur son compte Instagram ou, dans l’idéal, en arpentant le centre-ville dijonnais à la faveur d’une bonne vieille session de shopping à l’ancienne.

Un aperçu du savoir faire de bowindow, la poésie au service de la vente.
Emilie Colin-Garros et sa complice Charlotte Juillard
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