
Don de plasma : 45 minutes qui peuvent sauver des vies
Plus méconnu que le don du sang, mais non moins essentiel, le don de plasma est à la peine. Pour tenter de susciter l’intérêt, l’établissement français du sang a sollicité Benjamin Nivet, ancien joueur de l’Estac et de l’AJ Auxerre, pour une soirée d’information, le lundi 22 juin prochain à Troyes. L’occasion de comprendre pourquoi ce don simple, indolore et accessible, est indispensable pour sauver des vies.

Qu’est-ce que le plasma et pourquoi en avons-nous besoin ?
Le plasma représente environ 55 % du volume total du sang et concrètement, c’est un liquide jaunâtre que l’on obtient lorsqu’on retire les globules rouges et les plaquettes du sang. Et tout comme lui, il peut être transfusé dans de nombreux cas, pour soigner différentes pathologies : immunodéprimés, personnes atteintes de maladies chroniques inflammatoires, hémophiles, grands brûlés, polytransfusés… En France, chaque année, plus de 500 000 patients ont besoin d’une transfusion de plasma ou de l’injection de médicaments dérivés du plasma. Un chiffre qui illustre à lui seul l’enjeu de santé publique que représente ce don encore trop méconnu… et bien différent du don du sang !
En effet, lors d’un don de plasma, ce dernier est séparé des autres composants sanguins (globules rouges et plaquettes) par un procédé nommé aphérèse. Cela prend en moyenne 45 minutes, ce qui rend ce don plus long. Mais, comme le plasma étant composé à 90 % d’eau, on récupère aussi plus vite ! Résultat : le don de plasma peut être proposé plus fréquemment que le don de sang et certains donneurs qui ne peuvent pas donner leur sang, peuvent donner leur plasma.
Un enjeu de souveraineté méconnu
Or, derrière ce don se cache un enjeu de souveraineté sanitaire que peu de Français imaginent. La France est loin de couvrir ses besoins : seuls 33 % du plasma utilisé dans les hôpitaux français proviennent de dons réalisés sur le territoire. Le reste est importé, majoritairement des États-Unis, où les donneurs sont rémunérés. Une dépendance qui fragilise l’accès aux traitements, et qui entre en contradiction frontale avec le modèle éthique français, fondé sur le bénévolat et la gratuité, que l’EFS maintient et affirme. Le don ne devrait jamais devenir un acte intéressé, alors, pour y parvenir, l’État a fixé depuis juillet 2024 un cap clair : dépasser 1 million de dons chaque année d’ici 2028, faisant de l’EFS l’unique collecteur de plasma en France, avec de nouveaux moyens pour financer cette ambition. Problème : seuls 40 % des Français connaissent réellement le don de plasma, selon l’Observatoire des donneurs (BVA, 2024). L’enjeu est donc aussi pédagogique, il faut informer, rassurer et inciter chacun à franchir le pas. C’est pourquoi la mobilisation de personnalités connues sur chaque territoire est indispensable.

Benjamin Nivet redevient meneur de jeu
C’est dans ce contexte que l’Établissement français du sang Grand Est organise une conférence entièrement dédiée au don de plasma à Troyes, lundi 22 juin 2026, à 19h, à la Salle des fêtes de l’Hôtel de Ville (accueil dès 18h30). Au programme : table ronde sur les enjeux du don de plasma et témoignage d’un patient traité grâce aux médicaments dérivés du plasma, le tout animé par Benjamin Nivet, ancien meneur de jeu emblématique de l’ESTAC et figure troyenne.
Sa présence s’inscrit dans une démarche globale de l »EFS Grand Est, qui s’est doté d’ambassadeurs régionaux engagés, les « Ambassadonneurs ». Benjamin Nivet fait partie de ces visages choisis pour porter le message, lui dont l’attachement à Troyes et à sa région ne s’est jamais démenti depuis ses premières années sous le maillot bleu et blanc. Il a totalisé plus de 600 matchs professionnel, un record de longévité et d’engagement qui en fait une figure respectée et appréciée, dans le sport et au-delà.
Le Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne, partenaire engagé
La mobilisation autour du don de plasma ne se limite pas au monde médical. Le Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne, acteur coopératif et mutualiste de premier plan sur les territoires de l’Aube, de la Côte-d’Or, de la Haute-Marne et de l’Yonne, s’est lui aussi saisi de cette cause.
En 2024, lors de ses semaines du sociétariat, ce rendez-vous annuel qui mobilise chaque année en novembre les administrateurs, les salariés, les sociétaires, les clients et les partenaires autour d’une thématique, le Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne a permis de récolter 5 000 euros de dons pour l’EFS. Cette démarche s’inscrit dans la logique profonde de la banque coopérative qui, par nature, place l’intérêt collectif et l’ancrage territorial au cœur de son modèle. Ainsi, une équipe participe chaque année au challenge inter-organismes pour le don du sang et le don de plasma organisé par l’EFS Dijon.

45 minutes pour changer une vie
La conférence du 22 juin à Troyes n’est pas seulement un événement de sensibilisation, c’est aussi une invitation à agir, à mettre un visage, celui d’un patient, d’un soignant, d’un donneur, sur des chiffres qui, autrement, restent abstraits. Parce que le plasma, contrairement au sang total, ne se voit pas dans une poche accrochée à une perfusion, il se cache dans des médicaments, dans des flacons, dans des traitements chroniques que des milliers de malades reçoivent chaque semaine sans jamais savoir d’où vient ce qui les maintient en vie.
Alors, et si vous étiez le prochain à prendre rendez-vous ?








