étudiante souriante maison familiale et rurale de Dijon

Quand une banque de territoire ouvre l’Europe à 1 500 jeunes

Publié le 06/01/2026

Quand une banque de territoire ouvre l’Europe à 1 500 jeunes

À la Maison Familiale Rurale de Quetigny, près de Dijon, le programme Erasmus+ prend une dimension très concrète grâce au soutien du Crédit Agricole Champagne-Bourgogne. En apportant un cautionnement bancaire décisif, la banque de territoire permet à près de 1 500 jeunes de Bourgogne-Franche-Comté de vivre une expérience formatrice à l’étranger.

Les Maisons Familiales Rurales, un modèle éducatif ancré dans les territoires

Un soleil pâle mais généreux éclaire la cour de la Maison Familiale Rurale de Quetigny, en ce bel après-midi de novembre. Les élèves circulent entre les bâtiments dans le vacarme si distinctif des établissements scolaires, sac sur le dos, dossier sous le bras, portable à la main. Parmi eux, certains reviennent de stage, d’autres s’apprêtent à partir. Dans l’air, il y a cette effervescence si particulière des lieux où l’on apprend un métier et où l’on commence à se projeter vers le monde d’après, si vaste, si riche en espoirs et en possibilités. A la MFR, ils se concrétisent tout au long de l’apprentissage. Ici, l’Europe n’est pas une abstraction institutionnelle. Elle a le visage de ces jeunes partis en Grèce, en Espagne, au Portugal… Des envies de voyage, de découvertes d’autres cultures et d’autres langues, qui n’auraient pas été possible sans le soutien d’un acteur inattendu au rôle clé : le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne.

Les Maisons Familiales Rurales (MFR) forment depuis plus de 80 ans un réseau éducatif singulier. Associations loi 1901, elles reposent sur une pédagogie de l’alternance qui associe formation scolaire et immersion professionnelle, avec un accompagnement individualisé des jeunes. En Bourgogne-Franche-Comté, la fédération régionale regroupe près d’une centaine d’établissements, accueillant des publics variés, de la formation initiale à la formation pour adultes. Historiquement ancrées dans les territoires ruraux, les MFR ont toujours cherché à ouvrir leurs élèves sur le monde professionnel réel. Depuis plusieurs années, cette ouverture passe aussi par l’international, grâce au programme européen Erasmus+, qui permet aux jeunes de vivre une expérience de mobilité professionnelle à l’étranger.

des étudiantes et leur formatrice font des recherches sur un ordinateur
A la Maison Familiale et Rurale de Quetigny, les étudiantes comme Louane peuvent intégrer le programme Erasmus+.

Erasmus+, une expérience qui transforme les parcours

À la MFR de Dijon, cette dimension européenne est devenue une réalité concrète. Chaque année, des centaines de jeunes partent effectuer un stage professionnel de plusieurs semaines dans un autre pays européen. Une expérience souvent fondatrice, comme en témoigne Louane, élève récemment revenue de Grèce. A son arrivée à Thessalonique, où elle a effectué son stage dans un camping, sur un bar de plage, elle comprend vite que le travail ne sera pas le plus grand challenge. « Ce qui changeait vraiment, c’était l’adaptation », raconte-t-elle. « S’adapter à un autre rythme de travail, à une autre langue, à une autre manière de vivre le quotidien professionnel. » Aussi, les premiers jours sont déstabilisants. « C’était assez compliqué », reconnaît-elle. Puis, progressivement, quelque chose se met en place. L’adaptation devient une compétence. L’autonomie s’installe. Louane parle alors d’un véritable déclic : « Cette expérience m’a vraiment aidée à me renforcer, à gagner en confiance, à me projeter différemment. » Aujourd’hui, elle le dit sans hésiter : partir en Erasmus est une chance, une expérience qu’il faut vivre. Découvrir une autre culture, sortir de son cadre habituel, oser partir loin : « ça vous transforme ».

1 500 mobilités par an en Bourgogne-Franche-Comté

Si ces expériences individuelles sont possibles, c’est grâce à une organisation collective rigoureuse. Jean-Yves Metin, Responsable du pôle Europe, International et coopération à la Fédération régionale des MFR de Bourgogne-Franche-Comté, coordonne ce dispositif à l’échelle du territoire. « Chaque année, ce sont environ 1 500 mobilités qui sont organisées dans la région, au sein de près d’une centaine d’établissements scolaires et de formation professionnelle. Des jeunes, mais aussi parfois des adultes en reconversion, partent pour trois à quatre semaines à l’étranger afin d’effectuer un stage en lien avec leur formation. ».

Mais derrière ces chiffres impressionnants se cache une mécanique financière complexe. Car pour mobiliser les fonds européens du programme Erasmus+, les structures doivent répondre à des exigences strictes : avancer les frais, sécuriser les financements, garantir la bonne utilisation des subventions. Un défi de taille pour des associations éducatives.

Aurore vieira du crédit agricole de champagne bourgogne et jean Yves Metin de la MFR
Aurore Vieira, chargée d'affaires au Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne, a travaillé main dans la main avec Jean-Yves Metin pour permettre le cautionnement des voyages Erasmu+.

Le frein invisible : le besoin d’un cautionnement bancaire

C’est là qu’apparaît un obstacle majeur. Pour percevoir jusqu’à 80 % des fonds européens en amont, la fédération régionale doit fournir un cautionnement bancaire. Sans ce dispositif, tout le système se grippe. Jean-Yves Metin le résume simplement : « Sans caution, les établissements devraient avancer eux-mêmes les sommes nécessaires avant de se faire rembourser par l’Europe. Une situation irréaliste pour beaucoup de structures. Autrement dit, sans solution bancaire, une grande partie des mobilités serait compromise. » C’est dans ce contexte que la Fédération régionale des MFR s’est tournée vers le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne. Le dossier est pris en main par Aurore Vieira, chargée d’affaires Grandes Associations. Lorsqu’elle est sollicitée par la MFR, en novembre 2024, le besoin est clair : trouver une solution de cautionnement pour l’année 2025-2026.

Mais rien n’est simple. « Le cautionnement dans le cadre d’Erasmus+ n’est pas un produit bancaire standard. Il faut analyser les risques, comprendre les règles européennes, dialoguer avec la fédération régionale et les instances du programme Erasmus. Plusieurs mois de travail sont nécessaires pour bâtir une solution sur mesure », explique-t-elle.

Peu à peu, grâce au travail conjoint de Jean-Yves et d’Aurore, une réponse se dessine et le soutien prend forme. « Une caution bancaire reste un engagement significatif pour une banque. Les montants ne sont pas anodins. Mais cet engagement correspond à la vocation du Crédit Agricole : accompagner les projets structurants du territoire, même lorsqu’ils sortent des cadres classiques. »

Une première et un signal fort pour l’avenir

Pour la MFR comme pour le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne, il s’agit d’une première structurante, appelée à faire référence. Car, au-delà de l’aspect financier, cette collaboration ouvre de nouvelles perspectives. Chaque jeune qui part en mobilité a aussi besoin d’un accompagnement bancaire : ouverture de compte, gestion d’un budget à l’étranger, premiers pas vers l’autonomie financière. Autant de sujets sur lesquels une banque de proximité peut jouer un rôle éducatif et durable.

Au gré des rencontres et des échanges d’Aurore et Jean-Yves dans la cour de cet établissement de formation parmi tant d’autres, s’est joué quelque chose d’essentiel : la capacité d’un territoire à offrir à ses jeunes des horizons plus larges. Grâce à l’engagement du Crédit Agricole Champagne-Bourgogne, la Maison Familiale Rurale de Bourgogne-Franche-Comté peut continuer à faire vivre l’Europe concrètement, au plus près des jeunes.

Un partenariat discret, technique, mais déterminant. Et la preuve qu’une banque de territoire, lorsqu’elle s’engage aux côtés des acteurs locaux, peut transformer des projets européens en expériences humaines bien réelles.

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